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Full text of "Instruction pour le service des phares lenticulaires"

_. 6658 c'W- 



MINISTERE 

DE L'AGRICULTURE, DU COMMERCE ET DES TRAVAUX PURLICS. 



PHARES ET BALISES. 



INSTRUCTION 



POUR LE SERVICE 



DES PHARES LENTICULAIRES. 




PARIS. 

IMPRIMERIE IMPÉRIALE. 



M DCCC LX. 



^ 



teSl/CMl- 



MINISTERE 



£Mftl 



DE L'AGRICULTURE, DU COMMERCE ET DES TRAVAUX PUBLICS. 



PONTS ET CHAUSSÉES. 



PHARES ET BALISES. 



INSTRUCTION 



1 



POUR LE SERVICE 



DES PHARES LENTICULAIRES. 



■ 










L. - ■ 



PARIS. 

IMPRIMERIE IMPÉRIALE. 



M DCCG LX. 



B^pco^-ouvi- 1* .GGBS» _ C-Ull -.IBtO 



© École Nationale des Ponts et Chaussées 



MINISTERE 
DE L'AGRICULTURE, DU COMMERCE ET DES TRAVAUX PUBLICS. 

PONTS ET CHAUSSÉES. 



PHARES ET BALISES. 



INSTRUCTION 



PODK LE SERVICE 



DES PHARES LENTICULAIRES 1 . 



PREMIERE SECTION. 

DISPOSITION DES APPAREILS D'ECLAIRAGE ET DES LAMPES. 



CHAPITRE PREMIER. 

NOTIONS GÉNÉRALES. 

1. Lés appareils lenticulaires employés à l'éclairage des phares se Trois oedre» d'ap. 
divisent en trois ordres, d'après leurs dimensions et le calibre de P areis 
leurs lampes ®. 

<■> Cette instruction reproduit la majeure partie de celle qui a été rédigée par M. L. Fresnel 
et publiée eu i835. Les modifications successivement introduites, depuis cette époque, dans les 
appareils d'éclairage et dans diverses parties du service , ont obligé à quelques additions et chan- 
gements de rédaction. 

< 2 ' On pourrait former un h° ordre des petits appareils caladioptriques, servant à l'éclairage 
des entrées de ports; mais il n'est ici question que des phares proprement dits, et le service des 
fanaux ou feux de ports fait l'objet d'une instruction spéciale. 

Phares. a 



École Nationale des Ponts et Chaussées 



_ 4 _ 

Partie optique ot 2. La partie optique de ces appareils se compose de panneaux 
lenticulaires et de panneaux caladiop triques ou de miroirs. Ces pièces 
sont assemblées au moyen dune armature, qui a pour support une 
colonne creuse en fonte. 

Le diamètre intérieur d'un appareil de i cr ordre est de. . i m ,84 

Celui d'un appareil de 2 e ordre est de 1 4o 

Celui d'un appareil de 3 e ordre est de i oo 

Lampe mécanique. 3. Chaque phare lenticulaire est illuminé par une lampe mécanique, 
dont le bec se place au foyer commun des pièces de la partie optique. 

q^ire espèces de /j Quatre espèces de lampes mécaniques sont en usage, savoir : 

lampes mécaniques. 

i° La lampe à mouvement d'horlogerie; 

2° La lampe Henry-Lepaute ; 

3° La lampe Wagner; 

4° La lampe modérateur à poids. 

Les trois premières, qu'on peut désigner sous le nom de lampes 
mécaniques à pompes, ne diffèrent entre elles que parle mécanisme 
d'horlogerie qui a pour objet de faire monter l'huile dans le bec, 
au moyen de pompes qu'il met en mouvement. Ce mécanisme a 
pour moteur un poids extérieur qui descend dans la colonne de l'ar- 
mature. 

La lampe modérateur se distingue des précédentes par la suppres- 
sion du mécanisme d'horlogerie. L'ascension de l'huile dans le bec y est 
simplement déterminée parla pression qu'exerce un piston descendant 
dans le cylindre du corps de lampe, à la manière des lampes à modé- 
rateur du commerce, avec cette seule différence qu'au lieu d'un 
ressort, c'est un poids qui agit sur le piston. 

Parties principales 5. Les lampes mécaniques comprennent cinq parties principales, 

des lampes méca- 
niques, savoir : 

Le réservoir d'huile, 
Le mécanisme , 



— 5 - 

Le corps de pompes, 

Le bec, 

La cheminée. 



6. Le réservoir ou corps de lampe est formé par un seau en fer- 
blanc ou en cuivre. 

Pour les trois premières lampes indiquées ci-dessus, ce seau 
occupe la partie moyenne de la monture , et peut contenir le double 
de l'huile nécessaire à un éclairage de 1 5 à r 6 heures. 

Pour les lampes à modérateur, sa hauteur et sa contenance sont 
doubles, et il descend jusqu'à la base inférieure de la monture. 

7. Le mécanisme se compose, selon le système dans lequel il est 
établi, des pièces ci-après désignées : 

i° Lampe à mouvement d'horlogerie. Un treuil portant la grande 
roue dentée , deux arbres horizontaux dont le premier porte la roue 
moyenne, et le second une roue d'angle; un arbre vertical, muni 
d'une autre roue d'angle à sa partie inférieure, lequel traverse le 
réservoir d'huile et met en jeu les pompes alimentaires, au moyen 
de quatre petites roues qui engrènent les unes avec les autres. 
Le régidateur de ce mécanisme est un simple volant à ailes. 

2° Lampe Henry-Lepaute. Un treuil portant une roue de champ, 
garnie sur ses deux faces de chevilles à rouleaux qui font échappe- 
ment avec quatre becs de leviers coudés. Ces leviers communiquent 
par des bielles à deux arbres verticaux qui traversent le réservoir 
d'huile, et qui, au moyen de deux leviers fixés à leur extrémité 
supérieure, mettent en jeu les quatre pompes alimentaires. 

Ce mécanisme a pour régulateur un petit orifice qui est percé 
dans un diaphragme placé à la partie supérieure du corps de pompes 
par lequel l'huile passe pour arriver au bec. 

Dans quelques lampes de cette espèce, on a ajouté au corps de 
pompes une petite vis terminée par une pointe, laquelle, en péné- 



Késervoir d'huile 



Mécanisme. 



Lampe a mouve- 
ment d'horlogerie. 



Lampe Heiiry-Lc- 
paute. 



— 6 — 

trant dans l'orifice régulateur, permet de restreindre au besoin 
l'écoulement de l'huile. 

Lampe Wagner. 3° Lampe Wagner. Un treuil portant la grande roue, et deux 

arbres horizontaux, munis des engrenages ordinaires aux mouve- 
ments d'horlogerie, dont le second transmet le mouvement à deux 
arbres verticaux, au moyen de bielles. Ces derniers arbres traversent 
le réservoir d'huile, et mettent en jeu les quaires pompes alimen- 
taires, par l'intermédiaire de deux leviers fixés à leur extrémité supé- 
rieure. 

Le régulateur est, comme pour la première lampe, un simple 
volant à ailes. 

Celte lampe porte en outre, comme la lampe Henry-Lepaule , un 
appareil destiné à restreindre au besoin l'afiluence de l'huile dans le 
bec. Il consiste en une vis mobile, placée sur le corps de pompes, 
qui réduit, â mesure qu'on la fait avancer, l'ouverture ménagée pour 
le passage de l'huile. 

Lampe modéra- A Lampe modérateur à poids. Un piston en fonte, garni d'un cuir 

leur à poids. ' . ' ,. \ , ., ° 

embouti sur sa circonférence, dispose de manière a se mouvoir a 
frottement doux dans le corps de lampe ou réservoir, et relié à un 
arbre horizontal situé à la partie supérieure de la monture, au moyen 
d'une chaîne, qui est fixée vers le bas sur le piston, et à l'autre 
bout sur la gorge d'une poulie occupant le milieu de l'arbre. 

Sur le piston sont disposés des poids en fonte et en plomb desti- 
nés aie faire descendre, lorsqu'il est remonté à la partie supérieure. 

En faisant tourner l'arbre au moyen d'une manivelle, la chaîne 
s'enroule sur la poulie et le piston remonte ; on n'a plus ensuite qu'à 
l'abandonner à lui-même pour que la pression qu'il exerce sur l'huile 
fasse remonter cette dernière jusqu'au bec. 

Le régulateur consiste en un orifice de petit diamètre dans lequel 
passe une aiguille de forme conique, qu'on engage plus ou moins, 
selon qu'il s'agit de diminuer ou d'augmenter le débit. 

Ce mécanisme supplémentaire, qui est disposé habituellement de 



— 7 — 

manière à fonctionner seul, a pour objet de compenser l'accroisse- 
ment de charge que la pression du piston doit vaincre à mesure que 
le niveau baisse clans le réservoir, par suite de la consommation 
d'une certaine quantité d'huile. 

A cet effet, l'arbre servant de remontoir porte une vis à filet carré 
sur laquelle est engagé un écrou, qui est maintenu par une coulisse, 
de manière à lui assurer un mouvement parallèle à l'axe de l'arbre, 
lorsque celui-ci vient à tourner. 

La tête de l'aiguille conique traverse cet écrou, et lorsque le pis- 
ton descend et fait dérouler la chaîne, l'axe tourne, et l'écrou ainsi 
que l'aiguille se meut de manière à dégager de plus en plus l'orifice 
d'écoulement. 

Dans quelques lampes, le mouvement de l'aiguille est indépendant 
de celui de l'arbre et s'opère simplement à la main. Le gardien peut 
ainsi régler plus commodément le débit de l'huile, suivant le plus ou 
moins de fluidité de ce liquide. 

Un robinet disposé sur le tube d'ascension de l'huile , vers l'extré- 
mité supérieure, permet en outre soit de régler l'écoulement, soit de 
l'arrêter tout à fait dans certaines circonstances. 

8. Le corps de pompes est la partie du mécanisme portant les Corps de pompes, 
pompes alimentaires dont il a été fait mention ci-dessus, pour les trois 

premiers systèmes de lampes mécaniques. 

Il communique avec le réservoir d'huile au moyen d'un tube aspi- 
rateur garni inférieurement d'un petit filtre. Les pistons, au nombre 
de trois ou dé quatre, sont formés de valvules en peau de veau, et 
les clapets sont de simples rondelles de même cuir. 

9. Le bec de lampe porte des mèches concentriques, au nombre Bec de lampe. 
de deux, de trois ou de quatre, selon qu'il appartient au 3 e , au 2 e 

ou au 1 er ordre, 

Le bord inférieur de chacune de ces mèches est fixé par une 

Phares. 3 



tal. 



bague sur un support circulaire , qui s'élève ou s'abaisse au moyen 
d'un petit cric. 

L'huile arrive aux mèches par un tuyau qui forme la tige du bec, 
et qui s'ajuste sur le corps de pompes au moyen d'un raccord à vis 
garni d'une rondelle de cuir. 

Cheminée décris- 10. La cheminée de cristal est portée par une robe cylindrique, 
qui s'élève ou s'abaisse selon qu'on la tourne à gauche ou à droite. 
Sur le sommet de la cheminée se place une allonge en tôle, dans 
l'intérieur de laquelle est ajusté un registre ou obturateur, qui sert 
à modifier à volonté l'ouverture du tuyau. Dans quelques phares, ou- 
ïes cheminées sont très-courtes, cette allonge est maintenue par un 
collier en fer fixé à l'appareil; dans les autres, on la fait reposer sim- 
plement sur la cheminée , qu'elle emboîte à frottement. 

11. La consommation d'huile d'une lampe mécanique entretenue 
en plein effet s'élève par heure, savoir : 

Dans une lampe du i er ordre, à. . . 760 grammes; 
Dans une lampe du 2 e ordre, à. . . 5oo 
Dans une lampe du 3 e ordre, à. . . 175 

Ascension d'huile. 12. Pour que la flamme prenne tout son développement, et qu'en 
même temps la couronne du bec soit suffisamment rafraîchie, il est 
nécessaire que le mécanisme élève par heure au moins quatre fois 
autant d'huile que la lampe en consomme, c'est-à-dire : 

Pour le i cr ordre 3\o4o; 

Pour le 2 e ordre 2 ,000; 

Pour le 3 e ordre o ,700. 

L'huile excédante est dégorgée par le bec et retombe dans le 
réservoir. 



— 9 — 

13. Pour les lampes dont le poids moteur est extérieur, ce poids Poids moteur, 
doit être moufle, c'est-à-dire suspendu à la chape d'une poulie . 

mobile. 

Lorsque le mécanisme de ces lampes a été bien exécuté et est con- 
venablement entretenu, le poids mou/lé nécessaire pour le faire régu- 
lièrement fonctionner n'excède pas, 

Dans les lampes du i er ordre. . . 35 kilogrammes; 

Dans celles du 2 e ordre 3o 

Dans celles du 3 e ordre 20 

14. Dans les phares à feu changeant, la partie tournante de l'appa- Machine de rota- 

.,-.,,,. . . ,. T , ,. lion des phares à feu 

reil d éclairage est mise en mouvement par une machine de rotation, changeant, 
qui a pour régulateur un volant simple ou un volant-pendule. 

CHAPITRE II. 

INSTALLATION DES APPAREILS LENTICULAIRES ET DE LEURS LAMPES. 

15. Les panneaux lenticulaires et catadioptriques des phares sont Ajustementdespan- 

f, ,. ,. 1 , , . i-.iii ueauxienticulaircs et 

hxes solidement sur leurs armatures au moyen de vis et de boulons, catadiopiriques. 
et ne peuvent être dérangés que par des accidents tout à fait extraordi- 
naires, dont il paraît inutile de s'occuper ici. 

A l'égard des miroirs disposés par cours horizontaux sur des -Ajustement des mi- 
tringles circulaires, leur monture ne présente pas la même stabilité 
que celle des lentilles, et il peut arriver qu'ils se trouvent déplacés, 
soit par un léger choc, soit par un simple frottement, lorsqu'on né- 
glige de les maintenir en les nettoyant. 

On s'apercevra qu'un de ces miroirs a été dérangé, lorsqu'en visant 
du foyer de l'appareil , on ne verra plus l'horizon se peindre sur le 
milieu de la glace. Pour le ramener à sa position primitive, il suffira 
de faire jouer convenablement les écrous et contre-écrous des trois 
pattes en cuivre qui maintiennent son cadre. 

Cette opération, qui exige le concours de deux personnes, ne devra 

3. 



roirs. 



lampe de service 



— 10 — 

dans aucun cas être faite qu'avec l'intervention de l'ingénieur ou du 
conducteur chargé de la surveillance du phare. 

installation de la 16. La lampe de service d'un phare lenticulaire est ordinairement 
placée sur un trépied, portant trois tiges verticales filetées et garnies 
d'écrous et de contre-écrous. Ces tiges s'engagent dans les pieds de la 
lampe, et l'ajustement présente assez de jeu pour permettre de recti- 
fier au besoin le centrage. 

Pour que cette lampe soit bien installée, il faut : 

i° Que le milieu du bec corresponde exactement à l'aplomb du 
centre ou foyer de l'appareil lenticulaire; 

2° Que la couronne de ce bec soit établie en contre-bas du milieu 
des lentilles , à la distance déterminée par la hauteur d'une jauge 
disposée à cet effet' 1 '; 

3° Que le dessus de cette couronne soit parfaitement de niveau. 

17. Les diverses manœuvres nécessaires pour satisfaire à ces trois 
conditions sont ordinairement effectuées dans l'ordre suivant : 

i° On détermine d'abord la position du centre de l'appareil au 
moyen de deux fils tendus diamétralement entre les milieux de 
quatre montants des cadres des lentilles; 

2° On ajuste sur le bec la jauge dont il vient d'être parlé, et dont 
le milieu est marqué d'une manière apparente; 

3° A l'aide des écrous de calage du trépied, on amène la lampe 
à peu près à hauteur convenable; on pose ensuite sur la couronne 
du bec un petit niveau à bulle d'air, et d'après ses indications on 
rectifie le calage de la lampe , de manière que le dessus de ce bec se 
trouve horizontal ; 

'" Cette distance verticale est généralement réglée comme il suit : 

Pour les phares du i" ordre 28 millimètres. 

Pour les phares du 2 e ordre 26 

Pour les phares du 3° ordre 24 

Lorsque l'élévation d'un phare est assez considérable pour obliger d'incliner ses lentilles, on 
relève le bec proportionnellement à celte inclinaison. 



— 11 - 

4° Pour centrer le bec, c'est-à-dire pour faire correspondre le 
milieu de la jauge au point où les deux fils se croisent, on desserre 
les écrous supérieurs des vis de calage , et l'on déplace horizontale- 
ment la lampe, autant qu'il peut être nécessaire pour l'amener à la 
position convenable; 

5° On replace enfin le petit niveau sur la couronne du bec, et si 
l'on reconnaît quelle n'est plus horizontale, on la ramène à cette 
position, en observant de satisfaire en même temps aux deux pre- 
mières conditions relatives au centrage et à la hauteur. 

18. Deux lampes mécaniques de rechange doivent toujours être Lampes de re- 

tenues en réserve pour remplacer au besoin la lampe de service. 



CHAPITRE III. 



SERVICE DES LAMPES MECANIQUES. 

19. Quand on veut disposer une lampe mécanique pour l'éclairage, 
il faut procéder conformément aux prescriptions ci-après : 

On garnit d'abord le bec de ses mèches, en opérant, pour chacune 
d'elles, de la manière suivante : 

Le porte-mèche étant détaché du bec, on le place sur la partie du 
mandrin destinée à le recevoir (art. 78, p. 37); on pose la mèche 
sur ce mandrin, on la descend jusque sur l'arrêt du porte-mèche, 
puis on la fixe sur cette pièce par une bague qui la presse fortement; 
on coupe ensuite le bord inférieur bien régulièrement, et on le 
recouvre également par la bague, afin de ne pas obstruer le passage 
de l'huile ». 

Les mèches étant posées, on les descend au plus bas; puis, avec 
des ciseaux courbes, bien tranchants, on coupe leur bord supérieur à 
fleur du bec. 

"' Si quelques miches se trouvaient d'un diamètre un peu trop grand, on les réduirait à la 
dimension convenable en enlevant avec précaution un nombre suffisant de fils de la chaîne, 

Phares. A 



Service des lampes 
mécaniques. 

Pose des mèches 



Resection du bord 
des mèches. 



— 12 — 

Si la couronne du bec présentait quelques pointes ou fils saillants, 
ces inégalités feraient fumer la flamme, et se couvriraient bientôt de 
dépôts charbonneux appelés champignons. Il est donc très-essentiel de 
couper régulièrement les mèches, tant dans cette première opération 
que dans les mouchages successifs. 

Cependant si les gardiens avaient occasion d'observer que , par suite 
de quelque défaut particulier du bec, ou bien à cause de la présence 
des conduits et des soudures qui traversent les courants d'air pour re- 
lier entre eux les divers cylindres des mèches , il se produit constam- 
ment des pointes dans la flamme sur certaines parties de la circonfé- 
rence, ils devraient, au moment de la resection ou du mouchage, 
entailler légèrement les mèches clans ces endroits, afin de prévenir la 
formation des pointes. 

L'expérience et des tâtonnements peuvent seuls servir de guides 
dans ces circonstances. 

tajnptiswgo du Après avoir garni le bec, on verse l'huile dans le réservoir, puis 



rrscrvoi 



Ju mécanisme. o« remonte le poids moteur du mécanisme ou le piston, au moyen 

de la manivelle. Au bout de quelques instants, l'huile aspirée et 
refoulée par les pompes, ou bien simplement refoulée par le piston 
dans les lampes modérateur, vient mouiller la couronne du bec et 
s'écoule par l'égouttoir. 

Pour les lampes modérateur, il faut avoir grand soin, quand on 
remonte le piston, de fermer le robinet placé sur le tube d'ascension à 
la partie supérieure, et de le rouvrir dès que le piston est remonté. 

Il est nécessaire, pour ces mêmes lampes, de remplir entièrement 
le réservoir avant l'allumage; pour les lampes des autres systèmes, 
il suffit, au contraire, de verser dans le seau deux fois environ la 
consommation de la nuit. 

vérification du pro- 20. Pour reconnaître si l'huile est élevée en quantité suffisante, 

duil des pompes. , , , ,, , . , . , , 

on peut placer au-dessous de 1 egouttoir un vase ayant la capacité de 
a5o grammes, et prendre note du temps dans lequel il se trouve 



■HMH 



— 13 — 

rempli. D'après ce qui a été dit ci-dessus, ce temps devrait être, 
avant l'allumage : 

De 5 minutes environ pour une lampe du 1 er ordre; 

De 7 minutes 1/2 pour une lampe du 2 e ordre ; 

De 2 1 minutes environ pour une lampe du 3 e ordre. 

21. Lorsque les mèches sont suffisamment imbibées d'huile, on Allumage d'un bec 

,-,,,,., , ,.. .. à mèches concen- 

peut procéder a 1 allumage, en prenant les précautions suivantes : triques. 

On élève d'abord la mèche centrale, n° 1 , d'environ 1 5 millimètres, 
et, à l'aide d'une lucerne, on met le feu à deux points opposés de 
cette mèche, qu'on abaisse ensuite autant qu'il est possible de le faire 
sans l'éteindre. On procède de même pour les mèches n 08 2, 3 et A, en 
se hâtant de les abaisser successivement aussitôt qu'elles sont allu- 
mées, afin de ne pas enfumer l'appareil. Cela fait, on pose sur le bec 
la cheminée de cristal, que l'on coiffe de son obturateur. 

22. Dans les premiers instants de l'allumage, on tiendra la clef de Position de la clef 

,, , • i> i 1 / t- 1 • 1 Tilt • 1 • de l'obturateur et du 

I obturateur inclinée a 40 degrés, et le coude de la cnemmee aussi coude de la cbemi- 
élevé que possible, afin de prévenir la rupture qui pourrait résulter 

d'un échauffement trop brusque. On redescendra ensuite graduelle- 
ment cette cheminée jusqu'au point qui permet de donner à la 
flamme le développement prescrit à l'article 2 5, en lui maintenant 
tout son éclat. Trop basse, elle s'oppose à ce que la flamme atteigne 
à la hauteur voulue; trop haute, elle donne une flamme rouge et 
peu éclatante. 

23. Pendant la première heure de la combustion, la hauteur des Conduite de la 
mèches au-dessus du bec ne devra pas excéder 5 à 6 millimètres, et première beure. 
l'on veillera à ce que les flammes ne montent pas trop rapidement, ce 

qui pourrait occasionner la rupture de la cheminée et ferait charbonner 
les mèches. 

24. A mesure que la combustion deviendra plus active, on ouvrira Emploi de l'qbtu- 

II 1 1 • n 1 i 1 1 1 râleur pour gouver- 

1 obturateur autant que besoin sera, et on relèvera les mèches a la ner i es iiammes. 



— 14 — 

hauteur de 7 millimètres, qu'il ne faudra que très-rarement dépasser. 
Quand on ouvre l'obturateur, la flamme s'abaisse et blanchit; quand 
on le ferme, elle s'élève, rougit et devient fumeuse. 

Hauteur moyenne 25. Au bout d'une heure, les flammes ainsi gouvernées devront se 

des flammes en plein , , , . ~ . . • 1 1 

cOet. trouver a peu près en plein ellet, et avoir atteint les hauteurs moyennes 

ci-après , savoir : 

Pour une lampe du 1 er ordre 10 à 11 centimètres. 

Pour une lampe du 2 e ordre 8 à 9 

Pour une lampe du 3 e ordre 7 a S 

On maintiendra les flammes à la hauteur voulue, en faisant jouer 
au besoin et convenablement la clef de l'obturateur. 

Réveil à carillon. 26. Pour faciliter la surveillance des gardiens, on adapte à la 

lampe de service des appareils lenticulaires un réveil à carillon. 
L'échappement de ce mécanisme est retenu par la queue d'un levier 
portant à l'autre extrémité un godet percé d'un petit trou. Ce vase 
est placé sous l'orifice de l'égouttoir du bec , et , tant qu'il est entre- 
tenu plein d'huile, il soutient son contre-poids; mais, si l'ascension 
de l'huile vient à s'arrêter, le godet se vide, et le contre-poids s'a- 
baissant, lève l'arrêt du carillon, qui entre aussitôt en jeu. 



DEUXIEME SECTION. 

SERVICE DE L'ÉCLAIRAGE. 



CHAPITRE PREMIER. 

SERVICE DU SOIR ET DE LA NUIT. 



27. Le service de nuit des phares lenticulaires est fait par deux ou 
trois gardiens qui sont alternativement de quart. 



Service du soir. 28. Chaque soir, une demi-heure avant le coucher du soleil, les 



— 15 — 

deux gardiens de service pour la nuit monteront à l'a chambre de 
la lanterne, après s'êlre munis d'une lanterne d'allumeur (art. 76, 
page 36). 

Si le service du jour a été fait régulièrement, les dispositions 
suivantes auront dû être prises : 

i° La lampe de l'appareil prête à être allumée sera coiffée de 
son couvercle; 

2° Son poids moteur, remonté à toute hauteur, sera soutenu par 
une cheville en fer, au niveau de la table de l'armature; 

3° La cheminée, déposée dans une petite boîle, sera placée sur 
celte table, ainsi que son obturateur, s'il n'est pas supporté par l'ap- 
pareil, et le panier de service sera garni des ustensiles le plus ordinaire- 
ment employés pour le service de l'éclairage; 

4° Quatre cheminées de cristal et un bec de rechange garni de 
mèches sèches seront tenus en réserve dans une des cases- de l'es- 
trade W de la table de l'armature, si le phare est du premier ordre, 
ou dans la petite armoire de la chambre de la lanterne, s'il est d'un 
ordre inférieur; 

5° Les deux lampes de rechange, coiffées de leur couvercle et 
garnies de leur corde, seront renfermées dans une des armoires de 
la chambre de service; celle de ces deux lampes qui, en cas d'acci- 
dent, devra être placée dans l'appareil, sera garnie de la poulie de 
rechange du poids moteur; 

6° Un seau plein d'huile filtrée de la veille sera tenu en réserve 
dans la chambre de service; 

7 S'il y a une machine de rotation, le poids moteur sera élevé à 
toute hauteur; la roue de champ sera retenue par son verrou, et les 
roues d'angle seront désengrenées; 

8° Une lampe-veilleuse sera tenue allumée dans la chambre de 
service, pour que l'on ne soit pas exposé à manquer de feu dans le 
phare, et une lanterne prête à être allumée sera placée à proximité, 



Dispositions préa- 
laMcs prises durant 
le jour. 



'' Les tailles des appareils du deuxième et du troisième ordre n'ont pas d'estrade. 
Phares. 5 



— 16 — 

pour le cas où il deviendrait nécessaire de moucher ou de changer 
la lampe de service; 

9 Les stores de la lanterne seront baissés, et les pièces de la 
partie optique de l'appareil seront recouvertes des rideaux destinés à 
les préserver de l'action du soleil. 

Allumage de la 29. On commencera l'allumage un quart d'heure après le coucher 
du soleil, afin que le phare puisse être à peu près en plein effet à la 
chute du jour. 

30. On se conformera, pour cette opération et pour la conduite 
de la lampe, aux indications données ci-dessus. 

A la chute du jour on lèvera les stores et les rideaux, et l'on es- 
suiera avec soin les glaces de la lanterne, tant au dedans qu'au dehors. 

Mise en momc- 31. Si le phare est à feu changeant, on mettra la machine de ro- 

menl de la machine . , ,. „ „ ti <Y> 

de rotation. tation en mouvement immédiatement après i allumage. Il sulnra pour 

cela d'abaisser le pivot de la roue de communication de mouvement, 
de manière que les roues d'angle engrènent convenablement, et de 
tirer ensuite le verrou de la roue de champ. 

Mouciiage de la 32. Si, après une longue combustion, les mèches se trouvaient 
trop charbonnées pour que l'on pût maintenir leur flamme à hau- 
teur convenable , en fermant à moitié la clef de l'obturateur et même 
en augmentant de 2 à 3 millimètres la hauteur de ces mèches, il 
deviendrait alors nécessaire de les moucher. 

Cette opération, qui, en pareille circonstance, exige le concours 
des deuxgardiens de service, s'exécute avec les précautions suivantes: 
i° On suspend dans l'intérieur de l'appareil la lanterne disposée 
à cet effet dans la chambre de service, et l'on place sur l'estrade de 
l'armature W,o u sur l a galerie de service, la lanterne d'allumeur, ainsi 
que deux cheminées de rechange parfaitement sèches et essuyées; 

"' Voir la note de la page précédente. 



— 17 — 

2° On éteint la lampe de l'appareil en abaissant les mèches, puis 
on ôte l'obturateur, s'il n'est pas établi à demeure, et l'on enlève la 
cheminée en l'entourant d'un morceau de drap bien sec, qui permet 
de la saisir sans se brûler; on la roule ensuite dans cette étoffe, on 
la dépose dans la boîte, et on la laisse refroidir graduellement, afin 
de prévenir sa rupture ; 

3° On arrête le mécanisme, en remontant le poids moteur et en 
le soutenant au niveau de la table de l'armature avec la cheville en 
fer à ce destinée, puis on coupe les mèches le plus promplement pos- 
sible, après quoi on retire l'arrêt du poids et on rallume les mèches, 
en les portant tout de suite à la hauteur de 7 millimètres. Cela fait, 
on remet en place la cheminée encore chaude, et les flammes re- 
prennent leur première hauteur en peu d'instants. 

Si la cheminée de service venait à se casser, elle serait remplacée 
par l'une des deux cheminées disposées pour rechange. Dans ce cas , 
on aurait soin de tenir les flammes basses durant quelques moments, 
pour ne pas échauffer trop brusquement la nouvelle cheminée. 

33. Le mouchage peut encore devenir nécessaire lorsqu'il se 
forme sur les mèches des champignons qui font rougir et fumer la 
flamme. 

Ces dépôts charbonneux sont ordinairement occasionnés, soit par 
les pointes ou fils restés sur le bord des mèches, soit par les ordures 
qui peuvent s'y être attachées, ou qui obstruent quelque partie des 
conduits réservés à la circulation de l'air W. 

34. Lorsqu'un accident survenu à la lampe de service obligera chancement de 
de la remplacer dans le cours de la nuit par une lampe de re- ampe csc,vlce - 
change, on procédera comme il suit à cette opération, si la lampe 

appartient à l'un des trois premiers systèmes décrits ci -dessus, 
article l\. : 

(l) II peut arriver aussi que la formation des champignons sur le bord des mèches résulte uni- 
quement de la mauvaise qualité de l'huile. 



— 18 — 

TDn placera d'abord sur la galerie de service la lampe de rechange 
garnie de sa corde et de sa poulie , et le seau plein d'huile qui aura 
dû être tenu en réserve (art. 28, § 6). 

On suspendra dans l'intérieur de l'appareil la lanterne disposée à 
cet effet dans la chambre de service. 

On déposera sur l'estrade W, ou sur la galerie de service, deux 
cheminées, le panier de service, la lanterne d'allumeur et le bec de 
rechange garni de ses mèches, si le bec de service doit être rem- 
placé. 

Après avoir abaissé graduellement les mèches de la lampe de l'ap- 
pareil pour les éteindre, on enlèvera la cheminée avec les précautions 
ci -dessus indiquées; on remontera le poids à toute hauteur, et on 
l'arrêtera au niveau de la table de l'armature par une cheville en fer, 
on décrochera la poulie, puis on enlèvera la lampe de l'appareil et 
on la remplacera par la lampe de rechange. 

Cela fait, on ajustera sur la nouvelle lampe, soit l'ancien bec, s'il 
peut servir, soit le bec de rechange après l'avoir plongé dans l'huile, 
et l'on vérifiera par un aperçu rapide la position de sa couronne. 

Si cette couronne ne se trouve pas de niveau , on fera jouer les 
vis de calage autant qu'il sera nécessaire pour l'amener à peu près à 
la position horizontale. 

On versera ensuite dans la nouvelle lampe l'huile contenue dans 
le seau. 

La lampe de rechange ayant été ainsi installée le plus rapidement 
possible, on la mettra enjeu et on l'allumera avec toute la célérité 
que pourront comporter les précautions requises pour prévenir la 
rupture de la cheminée. 

Le jour venu, on rectifiera avec soin l'installation de cette lampe. 

Si la lampe à changer est une lampe modérateur, on procédera 
dans le même ordre aux opérations qui viennent d'être indiquées, en 
prenant en outre les précautions suivantes : 

Avant d'enlever la lampe à remplacer, il faudra commencer par 

111 Voir la Dole Je la page 1 5. 



— 19 — 

retirer les poids placés sur le piston et vider entièrement le réser- 
voir. 

Pour cela, on remontera le piston jusqu'à la partie supérieure, on 
prendra les poids pièce à pièce, soit à la main, soit à l'aide d'un cro- 
chet, puis on abandonnera le piston à lui-même, et l'on ouvrira le 
robinet inférieur, en recevant l'huile dans des seaux préparés à cet 
effet. . 

La lampe de rechange ayant été installée rapidement, on versera 
dans le réservoir toute l'huile retirée de la lampe précédente , on fer- 
mera le robinet supérieur du tube d'ascension , on remontera le piston 
jusqu'à la partie supérieure, on placera dessus les poids retirés de 
l'autre lampe, puis on rouvrira le robinet du tube d'ascension, et, 
dès que l'huile sera parvenue au bec, on allumera avec célérité, 
comme il a été dit plus haut. 

35. Le gardien de quart ne devra jamais procéder àun cbangement 
de lampe sans se faire assister du second gardien de service. 

36. Lorsqu'on se trouvera obligé dans le cours de la nuit de re- Précautions à 

, ., îii l'-iri i prendre durant la 

monter le poids moteur de la lampe de service, il laudra, après „ u ,'t n 0ur remonter 

chaque troisième tour de la manivelle, agir pendant un instant dans "P^ j^'i"^",."^ 
le sens de l'action du poids moteur. Si l'on ne prenait pas cette pré- service, 
caution, les flammes s'élèveraient pendant l'interruption de l'ascen- 
sion de l'huile et enfumeraient la cheminée. 

De même pour les lampes modérateur, il faudra remonter le piston 
en plusieurs fois, en ayant toujours soin de fermer le robinet supé- 
rieur du tube d'ascension, au moment où l'on imprime au piston un 
mouvement ascendant, et de le rouvrir dès qu'on s'arrête, afin d'é- 
viter ainsi que l'huile soit aspirée de haut en bas dans le tube d'as- 
cension et vienne à manquer pendant quelques instants au bec. 

37. Dans le cas où le gardien de quart, ayant négligé de sur- Mesures à prendre 

.. . . , ... dans le cas où le bec 

veiller la lampe de 1 appareil , serait averti par la sonnerie du carillon <i e la lampe de ser- 
que l'ascension de l'huile est ralentie ou suspendue , il devrait aus- ^.^uile.' 

Phares. 6 



École Nationale des Ponts et Chaussées 



lampe de service. 



— 20 — 

sitôt entrer dans l'appareil et accélérer le mouvement des pompes par 
un effort modéré exercé sur la manivelle de remontoir, dans le sens 
de l'action du poids moteur. 

Si la lampe était à modérateur, il déroulerait à la main la chaîne 
du remontoir pour retirer le plus possible l'aiguille mobile, et, si 
cela ne suffisait pas, il devrait dévisser cette même aiguille dans la 
pièce qui la porte, de manière à la retirer encore davantage.il pour- 
rait enfin ajouter une charge ou deux aux poids placés sur le piston, 
et, dans tous les cas, avoir soin de remplir entièrement la lampe. 

Quelle que soit la lampe, si les moyens qui viennent d'être indi- 
qués ne suffisent pas, le gardien examinera s'il ne serait pas néces- 
saire de changer soit le bec, soit même la lampe de service. 

ciiauffoir de la 38. Lorsque le froid sera assez intense pour faire geler l'huile de 
colza, on observera les précautions suivantes, pour les lampes méca- 
niques à pompes, dans le service du soir : 

i° Une heure avant le coucher du soleil, l'huile destinée à ali- 
menter la lampe sera mise à chauffer jusqu'à ce qu'elle ait pris une 
température telle , qu'on ait peine à y tenir la main , après quoi on 
versera cette huile dans le réservoir; 

2° On dévissera le bec, on versera de l'huile chaude à l'aide d'un 
entonnoir par l'orifice du corps de pompes, puis, après avoir tenu 
quelques instants le bec lui-même plongé dans l'huile chaude, on le 
remettra en place et l'on allumera ; 

3° On garnira ensuite et on allumera la lampe du chauffoir à deux 
tubulures, et, après avoir vissé la rondelle de ce petit appareil de 
manière à le rendre bien étanche , on le plongera dans le réservoir 
de la lampe de service. 

Il faudra se garder d'élever la mèche de la lampe du chauf- 
foir à plus de 7 millimètres au-dessus de son bec, car autrement il 
pourrait se trouver éteint par l'épaisse fumée qui serait produite. 

Pour les lampes modérateur, on procédera comme ci-dessus en 
ce qui concerne la température à donner à l'huile et au bec avant l'ai- 



— 21 — 

lumage, puis, comme ces lampes ne sont pas disposées pour recevoir 
un chaufîbir à tubulure, on se bornera à placer une lampe-veilleuse 
sous le fond de la lampe, du côté du tube d'ascension de l'huile, à 
une distance suffisante pour ne pas brûler ce fond. 

CHAPITRE IL 

SERVICE DO MATIN. 

39. Les principales opérations du service du matin seront effec- 
tuées dans l'ordre suivant : 

i° Au point du jour, on éteindra la lampe de l'appareil, en com- Extinction de la 
mençant parla mèche extérieure, et en procédant graduellement lampe de ia PP arei1 - 
pour ne pas exposer la cheminée aux effets d'un changement trop 
brusque de température; 

2° Si c'est une lampe â poids moteur extérieur, on remontera ce Remontage du 

•j. , • 11.111 • ir poids moteur de cette 

poids jusqu au niveau de la table de service , et on le iixera comme i ampe . 
il a été dit plus haut; 

3° On remontera, si le phare est tournant , le poids de la machine Remontage du 

de rotation, et l'on arrêtera la roue de champ au moyen de son dVrotation 8 maC ' 
verrou; on désengrènera ensuite les roues d'angle, afin que cette ma- 
chine ne soit pas exposée à recevoir des secousses qui pourraient l'en- 
dommager; 

4° On abaissera les stores de la lanterne, et l'on remettra en place Stores à baisser; 
les rideaux de l'appareil, double précaution essentielle pour empê- enpfoce. remetlre 
cher que les rayons solaires ne brûlent le bec de la lampe de service 
et n'endommagent le tain des miroirs inférieurs ; 

5° On enlèvera l'obturateur ainsi que la cheminée de cristal , et Enlèvement de ia 

, -i , • ■ 1 . il j • cheminée de cristal . 

on les déposera provisoirement sur la table de service ; 

6° On mouchera les mèches de la lampe de manière qu'elles af- Monchage. 
fleurent exactement le bec, conformément aux indications de l'ar- 
ticle 19. 

6. 



— 22 



Nettoiemcntdu bec 
et des parties exté- 
rieures delà lampe. 

Nettoiement du ré- 
servoir et renouvelle- 
ment de l'huile. 



Nettoiement de la 
cheminée de cristal. 



7° On nettoiera l'intérieur du bec avec un petit goupillon, et tout 
le dehors de la lampe avec un torchon; 

8° On fera écouler l'huile du réservoir dans un seau, qui sera mis 
à part W ; 

9° On rincera ce réservoir avec de l'huile neuve filtrée (qui sera 
ensuite repassée au filtre), et l'on enlèvera, à l'aide d'un linge neuf, 
attaché à l'extrémité d'un petit bâton , les ordures qui n'auraient pas 
été entraînées par le rinçage; 

io° Si le filtre du tube aspirateur paraît obstrué, on démontera ce 
tube pour le nettoyer ; puis on le remettra en place ; 

i i° Le réservoir sera ensuite rempli d'huile filtrée de la veille; 

1 2° Les prescriptions précédentes sont relatives aux lampes des 
trois premiers systèmes. Si la lampe était à modérateur, au lieu de 
remonter le poids moteur, c'est-à-dire le piston, immédiatement 
après l'extinction, on commencerait par vider le réservoir, le nettoyer 
ainsi que le bec, comme il est dit ci-dessus, et l'on ne remonterait 
le piston qu'après avoir rempli de nouveau le réservoir. On aurait 
soin après cette opération de laisser entièrement fermé le robinet 
placé à la partie supérieure du tube d'ascension; 

1 3° La cheminée de service sera nettoyée avec soin, de la manière 
indiquée à l'article 5i, et sera déposée, ainsi que son obturateur, 
dans l'une des cases de l'estrade , ou dans l'armoire de la chambre de 
la lanterne; 

1 4° Les glaces de la lanterne seront essuyées au dedans et au de- 
hors, et, au besoin, nettoyées au blanc d'Espagne ou même au rouge 
à polir. 



Renouvellement 
des mèches. 



40. Lorsqu'on aura renouvelé en tout ou en partie la garniture 

"' Après avoir laissé reposer cette huile pendant quelques heures, on la versera sur le filtre 
avec de l'huile neuve. 

L'emploi du filtre est indispensable , même pour l'huile neuve , afin de la purger des petits fila" 
ments de coton qu'elle contient presque toujours, par suite des procédés usités pour la clarifica- 
tion. 



— 23 — 

du bec de la lampe de service, il faudra faire marcher immédiate- 
ment la lampe pendant une heure, afin de bien imbiber d'huile les 
mèches neuves. 

41. Après avoir terminé le service du matin en ce qui concerne Coiffe de la lampe 
la lampe, on la recouvrira de sa coiffe, afin de tenir le bec, le corps deservlce - 
de pompes et le réservoir à l'abri de la poussière jusqu'au moment 
de l'allumage. 

TROISIÈME SECTION. 

SERVICE D'ENTRETIEN ET DE PROPRETE. 



CHAPITRE PREMIER. 

ENTRETIEN DES LAMPES MÉCA.NIQDES. 

42. Après quinze jours de service continu, la lampe de l'appareil Changement P é- 

d«, il tiii i i riodique de lampe 

evra être remplacée par lune des deux lampes de rechange , et ce deservlce. 

roulement s'opérera régulièrement entre les trois lampes, autant 
toutefois qu'elles se trouveront toutes les trois en état de fonc- 
tionner. 

Les lampes modérateur pourront n'être changées que de mois en 
mois. 

43. Ce changement sera opéré le matin, et l'on ne manquera pas 
de faire marcher tout de suite la nouvelle lampe pendant quelques 
heures, pour s'assurer qu'elle fonctionne régulièrement. On aura soin 
de la garnir d'huile au préalable. 

44. La lampe retirée de l'appareil sera visitée et nettoyée avec Nettoiement de» 

z-v ï < i i ,, , , . lampes mécaniques 

soin. Un démontera le corps de pompes ou Ion enlèvera le piston après quinze jours de 
des lampes modérateur, pour extraire l'huile, qui, en vieillissant, scrvice - 
pourrait entraver le jeu des clapets ou encrasser le fond de la 



© École Nationale des Ponts et Chaussées 



Emploi et conser- 
vation des becs à 
mèches multiples. 



" — 24 — 

lampe et obstruer le filtre placé à l'orifice du tube d'ascension. On 
dévissera le tube aspirateur ou le tube d'ascension , et l'on nettoiera 
son filtre. 

La lampe, remontée et recouverte de sa coiffe, sera ensuite dé- 
posée dans l'une des armoires de la chambre de service. 

45. Des six becs appartenant aux trois lampes mécaniques du 
phare, l'un restera monté et garni sur la lampe de l'appareil; un 
autre, garni de mèches sèches, sera conservé comme rechange dans 
une des cases de l'estrade ou dans l'armoire de la chambre de la lan- 
terne. Les quatre autres, entièrement dégarnis de mèches, bien net- 
toyés, bien secs, et ayant leurs crémaillères légèrement graissées de 
saindoux, seront tenus renfermés dans une armoire exempte d'humi- 
dité, et ne serviront que lorsqu'un des deux premiers aura besoin 
d'être réparé. 

Les becs tenus en réserve devront être visités de temps en temps 
et nettoyés au besoin. On vérifiera particulièrement si leurs crémail- 
lères jouent librement, et on les graissera de nouveau après les 
avoir essuyées. 



Entretien ordinaire 
du mécanisme des 
lampes. 



46. Pour conserver aux mécanismes des lampes leur mobilité, 
on aura soin de mettre de temps en temps un peu d'huile d'hor- 
loger aux pivots des diverses pièces mobiles , ainsi qu'aux becs d'é- 
chappement de la lampe Henry-Lepaute. On en mettra plus souvent 
qu'aux autres pièces, aux pivots du volant, à ceux de la roue de champ 
et à la vis sans fin des lampes à mouvement d'horlogerie. On aura 
soin d'ailleurs de n'appliquer cette huile qu'en très-petite quantité, 
et après avoir essuyé avec une baguette entourée d'un linge neuf 
tout ce qui pourra rester d'huile ancienne adhérente aux diverses 
parties du mécanisme. 

Enfin , pour les lampes modérateur, on laissera dans le fond de 
la lampe une quantité d'huile suffisante pour humecter le cuir du 
piston et lui conserver toute son élasticité. 



— 25 — 

47. Chaque lampe mécanique devra être démontée et complète- Démontage et net- 

, . ,., , . . toiementcompletdes 

ment nettoyée aussi souvent qu il pourra être nécessaire, et au moins lampes mécaniques. 
une fois par an. 

48. Pour nettoyer les pièces en laiton du mécanisme, on appli- 
quera sur toutes leurs faces du tripoli délayé dans de l'esprit-de-vin , 
et on les frottera ensuite avec une brosse à argenterie jusqu'à ce 
qu'elles aient repris un beau poli. 

Les pièces en acier seront nettoyées avec du tripoli délayé dans 
un peu d'huile d'horloger. 

Avant de remonter ce mécanisme, on nettoiera avec une petite 
tige de bois tendre les trous des pivots des rouages, ainsi que les 
écrous et les filets des vis, et on s'attachera surtout à faire dispa- 
raître de toutes les pièces jusqu'à la moindre parcelle du tripoli em- 
ployé dans le nettoiement. 

49. Lorsqu'une lampe mécanique, après avoir marché régulière- Dérangement du 

■:. ° mécanisme des lam- 

ment pendant quelque temps, cessera de bien fonctionner, les gar- pes, et moyens d'y re- 
diens devront rechercher la cause de cette perturbation, afin d'y 
remédier autant qu'il leur sera possible. 

Pour faciliter cette recherche, on va exposer ici les principales 
causes qui peuvent troubler la marche et nuire à l'effet des lampes 
de chaque espèce : 

1° Lorsque l'huile monte irrégulièrement, les flammes s'abaissent Ascension irrégu- 
et s'élèvent alternativement, sans pouvoir être maintenues aune hau- 
teur constante. 

Dans les lampes à mouvement d'horlogerie, cet inconvénient peut 
provenir de ce que les roues qui font mouvoir les pistons des 
pompes W n'engrènent pas dans une position telle que les courses 
de ces pistons présentent une succession régulière de mouvements. 

''' Cette observation n'est pas applicable aux lampes de nouveau modelé , où les pompes sont 
mises en jeu par deux bielles. 



râtd. 



— 26 — 

On y remédie en rétablissant l'engrenage dans les positions marquées 
par les repères. 

Dans les lampes Henry-Lepaute , l'ascension irrégulière de l'huile 
peut résulter d'une transposition des bielles qui transmettent le 
mouvement aux arbres verticaux, d'un simple relâchement des vis 
qui maintiennent les leviers d'échappement, ou de quelque altération 
dans la forme des pièces d'échappement par l'effet de l'usure. 

Dans le premier cas, il faudra remettre les bielles aux places que 
les repères indiquent et, dans le second cas, resserrer les vis relâchées; 
dans le troisième cas, la lampe devra être renvoyée à Paris pour être 
restaurée. 

Quant aux lampes Wagner et aux lampes modérateur, elles ne pa- 
raissent susceptibles de cet inconvénient que par l'usure des pièces 
du mécanisme après un très-long usage. 

Jeu d'un clapet ar- 2° Il peut arriver, pour les lampes à pompes, qu'un des clapets 
cesse de fonctionner par l'effet du dérangement du fil d'acier ou de 
la toile métallique (s'il s'agit d'une lampe Wagner) qui le maintient, 
et qu'il suffira alors de remettre en place. 

Jeu des clapets. 3° Lorsqu'une de ces mômes lampes mécaniques est restée long- 

temps sans emploi, et qu'on a négligé, après s'en être servi, de net- 
toyer à fond le corps de pompes, ses clapets perdent leur mobilité 
par l'effet de la viscosité que prend en vieillissant la couche d'huile 
adhérente à leur surface. 

Il faudra nettoyer les clapets ainsi empoissés, en les lavant dans 
de l'huile tiède, ou même les remplacer par des clapets neufs, fabri- 
qués avec î'emporte-pièce destiné à cet usage. 

Valvules crevées. 4° Lorsqu'une des valvules vient à crever, l'ascension de l'huile 

ne s'opère plus régulièrement, ni en quantité suffisante. On recon- 
naît tout d'abord cet accident par la perte d'huile qui en résulte, et 
l'on y remédie en remplaçant celte valvule par un cuir neuf auquel 
■ on donne la forme convenable au moyen d'un moule en fonte. 

Le renouvellement des valvules des lampes mécaniques est une 



— 27 — 

•opération à laquelle les gardiens des phares lenticulaires doivent être 
exercés. Il faut, en y procédant, avoir soin de ne pas trop tendre la 
peau de veau sur le corps de pompes, car il en résulterait des temps 
d'arrêt dans les mouvements des pistons, et conséquemment des 
irrégularités dans l'ascension de l'huile. Il y aurait de même irrégu- 
larité dans les mouvements, si les valvules avaient trop de dévelop- 
pement. 

Si la rupture d'une valvule arrivait dans le cours du service de 
nuit, et que la flamme ne pût être maintenue aux deux tiers de la 
hauteur prescrite, il deviendrait nécessaire de changer de lampe. 

5° Si l'on négligeait de renouveler la lampe de service tous les Tube aspirateu? 
quinze jours, ou de filtrer l'huile avant de la verser dans le réservoir, 
ou enfin de nettoyer la toile métallique du tube aspirateur au moins 
une fois par semaine, il pourrait arriver que les petits trous de celte 
toile se trouvassent obstrués au point d'intercepter, ou du moins d'en- 
traver considérablement l'ascension de l'huile. 

Pour éviter en pareil cas le changement de lampe durant le service 
de nuit, on pourrait essayer de surmonter l'obstacle en augmentant 
le poids moteur ou en ouvrant les ailes du volant dans les lampes 
pourvues de ce régulateur. 

6° Lorsque le bec d'une lampe mécanique n'est pas arrosé d'une Défaut ou excès dV 

• . in •• rf i iiii in • limenlalion du bec 

quantité a huile sulnsante, les mèches cliarnonnent, la tlamme rougit d c i ampe n Hr i ef 
et s'élève en fumant, et si l'ascension de l'huile vient à cesser tout à P om P es - 
fait, la couronne du bec, n'étant plus rafraîchie, se brûle ou du moins 
se dessoude. 

Si, au contraire, l'huile arrive en excès, elle s'oppose au dévelop- 
pement des flammes. 

La première perturbation peut tenir, soit à l'obstruction du filtre 
du tube aspirateur, qu'on aurait négligé de nettoyer, soit à l'obs- 
truction de l'orifice du diaphragme du corps de pompes. Dans l'un 
et l'autre cas, il faut se hâter de faciliter l'arrivée de l'huile au bec 
en détournant la vis du corps de pompes dont la pointe occulte l'ori- 



— 28 — 

fice du diaphragme, s'il s'agit d'une lampe pourvue de ce méca- 
nisme, et, s'il s'agit d'une autre lampe, en exerçant un léger effort 
sur la manivelle du remontoir dans le sens de l'action du poids 
moteur. 

Quant à la surabondance d'huile, on y remédie, dans la lampe 
Henry-Lcpaule , en tournant la vis du régulateur (quand il y en a un), 
de manière à réduire cet orifice ; dans les lampes à mouvement 
d'horlogerie et du système Wagner, en ouvrant les ailes du volant, 
et dans toutes, en diminuant au besoin le poids moteur. 

Tout ce qui précède concerne principalement les lampes méca- 
niques à pompes. 

Les lampes modérateur ne sont pas exposées aux mômes dérange- 
ments et exigent peut-être moins de soins; mais il pourrait arriver 
cependant : 

Que la paroi du réservoir dans lequel le piston se meut venant à 
être bosselée, le piston éprouvât quelque dureté dans certaines par- 
ties de sa course et que le débit du bec devînt par instant insuffisant. 
Le gardien devrait, dans ce cas, démonter la lampe, frapper la paroi 
à petits coups de marteau jusqu'à ce que la déformation eût disparu, 
puis remettre le piston en place; 

Que le cuir du piston, par une cause quelconque, venant à se 
plisser, n'adhérât plus complètement à la paroi du cylindre et laissât 
passer l'huile, ce qui diminuerait de beaucoup la durée de la marche. 
Il faudrait alors enlever le cuir et le remplacer par un cuir de 
rechange. On pourrait plus tard se servir du cuir enlevé, si l'on par- 
venait à faire disparaître les plis qui s'y seraient formés; 
. Que des ordures venant à s'accumuler près de l'orifice du régula- 
teur, celui-ci ne fonctionnât plus complètement. Il suffirait, pour y 
remédier, d'enlever entièrement l'aiguille, afin de produire une sorte 
de chasse qui entraînerait très-probablement les ordures. 

Si cette obstruction se produisait dans le filtre , et que l'on ne pût 
pas procéder immédiatement au démontage de la lampe, pour en visi- 
ter et en nettoyer le fond, on obtiendrait un débit suffisant, soit en 



— 29 — 

augmentant, comme il a été dit ci-dessus, le débouché du régula- 
teur, soit en ajoutant des poids sur le piston. 

Dans les démontages et remontages qu'il y aura lieu d'opérer pour 
les lampes modérateur, on ne saurait trop recommander aux gardiens 
de replacer bien exactement sur l'arbre du remontoir, dans la position 
qu'il doit occuper, l'écrou portant l'aiguille du régulateur. 

Si cet écrou est placé trop loin du centre, le piston ne peut pas 
descendre jusqu'en bas ; s'il est placé trop près , le piston ne peut pas 
arriver jusqu'en haut, et dans l'effort fait pour le remonter, on est ex- 
posé à fausser ou même à casser la plupart des pièces du régulateur. 

C'est afin d'éviter cet inconvénient que quelques lampes à modé- 
rateur sont munies de régulateurs dont l'aiguille est indépendante de 
l'arbre du remontoir. 



50. Lorsqu'un bec de lampe se trouvera sali et empoissé, on le Nettoiement des 

. . - . ii- -ii) becs de lampe et des 

nettoiera en le plongeant et le lavant a plusieurs reprises dans 1 eau ustensiles en fer- 
bouillante. En cas d'insuffisance de l'eau pure, on aura recours à 
l'emploi d'une lessive chaude très-légère. 

Les vases et ustensiles de fer-blanc seront nettoyés avec du blanc 
d'Espagne détrempé dans un peu d'huile. 



51. Les cheminées de cristal salies par la fumée, ou par des 
gouttes d'huile brûlée, seront nettoyées en les frottant, jusqu'à ce 
que toutes les taches aient disparu, avec un chiffon ou un petit 
morceau de bois tendre trempé dans l'huile, puis on les essuiera, 
et on les passera au blanc d'Espagne. On rendra ainsi au verre toute sa 
netteté et sa transparence. 



Nettoiement des 
cheminées de cristal. 



CHAPITRE IL 

ENTRETIEN DE LA MACHINE DE ROTATION ET DU CHARIOT DES PHARES A FEU 
CHANGEANT, AINSI QUE DE DIVERSES PIECES ACCESSOIRES W . 

52. On préviendra autant que possible l'introduction de la pous- Entretien ordinaire 

d'une machine de 
v' Il n'y a dans ce chapitre que les deux derniers articles qui concernent le service des gar- rotation, 
diens des phares à feu lise. 



— 30 — 

si ère dans la cage de la machine de rotation des phares à feu changeant,, 
et l'on nettoiera aussi souvent qu'il sera nécessaire les rouages et pivots 
de cette machine, avec un petit plumeau et un linge doux et propre. 
Pour opérer ce nettoiement, on démontera la cage qui enveloppe 
le mécanisme. 

53. De temps en temps, on mettra un peu d'huile d'horloger aux 
pivots du volant , aux articulations de ses ailes mobiles ( s'il s'agit 
d'un volant-pendule), et aux pivots du cylindre portant la corde du 
poids moteur. On huilera aussi, mais plus rarement, les pivots des 
autres pièces. On enlèvera d'ailleurs avec soin la vieille huile épaissie , 
avant d'appliquer l'huile nouvelle. 

54. Pour prévenir l'oxydation des pièces en fer ou en acier poli, 
on les frottera, aussi souvent qu'il sera nécessaire , avec un morceau 
d'étoffe enduite de suif ou autre graisse non salée. 

On évitera d'ailleurs d'étendre celte graisse sur les pièces en 
cuivre, bronze ou laiton. 

Démontage et net- 55. Chaque année, au mois de juillet, la machine de rotation sera 

loiemcnt complet de -, , , , • v A . ., > i r J 

ta . démontée par les gardiens pour être nettoyée a tond. 

Ils procéderont à ce nettoiement ainsi qu'il a été dit pour les mou- 
vements des lampes mécaniques. 



la machine de rota 

tlOD. 



Vérification 
mouvement. 



du 56. Après avoir remonté toutes les pièces de la machine de rota- 
tion, on la fera marcher pour s'assurer qu'elle fonctionne librement à 
l'aide du poids ordinaire, et que chaque révolution de l'appareil s'ef- 
fectue dans l'intervalle de temps prescrit. 

Dans le cas où le mouvement serait ou trop lent ou trop rapide , 
on pourrait le modifier convenablement en abaissant ou en redres- 
sant les ailes du volant. 

Si le régulateur est un volant-pendule, on pourra au besoin accélé- 
rer le mouvement en relevant les balles mobiles, ou le ralentir en les 
abaissant sur leurs tiges. 



— 31 — 

On reconnaîtra d'ailleurs à l'écartement plus ou moins grand de 
ces balles les variations de la résistance qu'opposera l'armature mo- 
bile à l'action de la machine. 

57. Le volant de rechange sera renfermé dans une boîte placée à Conservation du 

i> r • i m • v i r\ 1 1 • • i ii volant de rechange. 

labn de I humidité. Un le visitera de temps en temps, et Ion 
graissera ses pièces en acier poli, en ayant soin chaque fois de les 
essuyer préalablement. 

58. Les grands et les petits galets du chariot, les galets du man- Nettoiement du 

h. • ii # i»i ■ » • chariot circulaire et 

on tournant, ainsi que les chemins quils parcourent, seront jour- du man y, on j e j. ar . 

nellement essuyés. Les pivots des galets seront nettoyés et huilés malme mobile, etc. 

aussi souvent qu'il sera nécessaire. 

59. Lorsqu'il s'agira de démonter le chariot circulaire de l'arma- Démontage du cha- 

.... îii r ' ot circulaire. 

ture mobile pour le nettoyer , on commencera par soulever de quel- 
ques millimètres cette armature, à l'aide de trois petits verrins spécia- 
lement destinés à cet usage, et que l'on remplacera successivement 
par des tasseaux de bois régulièrement équarris. Cela fait, on enlèvera 
les galets extérieurs, puis l'on ôtera les goupilles des tenons du cercle 
en fer du chariot, et l'on dcsassemblera ensuite ses deux parties, en 
prenant garde de fausser les pivots. 

Cette opération, ainsi que le remontage du chariot, exigera le con- 
cours de deux gardiens. 

60. Les trois verrins destinés à soulever au besoin l'armature Kntrciien desver- 

..... ii.i I ' ns servant à soule- 

mobile devront être entretenus constamment en bon état et prêts a ver l'armature mo- 
fonctionner, ainsi que les autres outils et ustensiles. outilVenwtensHesen 

Tous les outils et ustensiles en acier ou en fer, dont on ne se fer ou ac:er P' H - 
servira qu'accidentellement, devront être entretenus constamment 
graissés avec du saindoux, et seront renfermés dans une armoire 
exempte d'humidité. 

61., Indépendamment du nettoyage ordinaire, le filtre à huile Entretien du filtre 



— 32 — 

sera l'objet de soins particuliers. Tous les mois on savonnera le mor- 
ceau de drap qui repose sur sa passoire, et on passera le sable à l'eau 
bouillante. On ne les remettra en place qu'après les avoir purgés de 
toute humidité; à cet effet, le sable devra être chauffé dans un vase. 

On n'emploiera jamais de sable de mer, même après l'avoir lavé 
dans l'eau douce. 

Dans le cas où le sable de qualité convenable viendrait à manquer 
momentanément, on pourrait placer sur le drap du filtre une feuille 
de papier à filtrer. 

Dans quelques circonstances, l'emploi du papier à filtrer permet- 
tra de tirer parti de résidus d'huile qui devraient être rebutés sans 
cela. 

CHAPITRE III. 

ENTRETIEN DES LENTILLES, DES ANNEAUX CATADIOPTRIQUES 
ET DES MIROIRS. 

Netioiemenijour- 62. On époussètera chaque jour les lentilles, ainsi que les anneaux 

nalicr des lentilles , v , • 1 ■••in m . i 

et des anneaux cala- catadioptnques ou les miroirs de 1 appareil, et on les essuiera au 

dioptriques ou des k esom avec un lj n „ e d oux et pr0 p r e. 

miroirs. o i r 

Si l'on essuyait ces pièces avant de les épousseter, on s'exposerait 
à rayer leur surface. 

Enlèvement des 63. Si quelque partie de la surface des lentilles, des anneaux cata- 

tarlies d'huile sur les , , . . , . 

lentilles, les anneaux dioptriques ou des miroirs était tachée d'huile, on s empresserait de 

catadioptriques et les , ,. ,. .-..,,,, . , 

miroirs. * a nettoyer avec un linge imbibe d espnt-de-vm. 

Lavage à l'esprit- 64. Tous les deux mois, on lavera à l'esprit-de-vin la surface 

de-vin des lentilles, „ - .... ... . 

des anneaux cata- entière des verres lenticulaires et des miroirs, après quoi l'on 

dioptriques et des . , •■ ., .. . -,,. -,. 

m i ro i„ essuiera chacune de ces pièces, comme il vient detre dit. 



Entretien du poli 65. C es mêmes pièces seront passées au rouge à polir, une fois 

des lentilles, des an- * u i 

neaut catadioptri- par an. 
ques et des miroirs. 



— 33 — 
Celte opération s'exécutera comme il suit : 
On écrasera et l'on délayera dans l'eau une petite quantité de cette Emploi du-rougo à 

i lin polir, dil rouqe d'An- 

substance, quinze grammes par exemple, dont on iormera une «Utcrre. 
bouillie claire. Cette bouillie sera ensuite étendue dans un demi- 
litre d'eau environ, et, après l'avoir bien brassée avec une petite 
baguette , on la laissera déposer quelques instants. On décantera 
ensuite la liqueur, en la versant doucement dans un autre vase pour 
la débarrasser des petits graviers qu'elle pourrait contenir, et qui 
resteront au fond du premier vase. Cela fait, on la laissera reposer 
une demi-heure environ, puis on fera écouler l'eau jusqu'à ce que le 
rouge commence à paraître au bord du vase. 

Ce rouge liquide sera étendu en couche légère , à l'aide d'un pin- 
ceau ou d'un linge doux, sur toute la surface des verres à nettoyer. 

Lorsque cette peinture sera sèche, on la frottera avec une peau de 
chamois jusqu'à ce que le rouge soit entièrement enlevé. 

Le rouge ainsi préparé devra être employé en totalité, attendu 
que le résidu ne pourrait pas servir pour un autre nettoiement. 



66. Le rouge à polir devra être soigneusement enveloppé et ren- Conservation du 

ci vi i i -i ovi >'. v i rouge à polir. 

terme pour qu il ne s y attache aucune poussière, o il n était pas doux 
au toucher, on devrait s'abstenir de l'employer, car il pourrait altérer 
le poli du verre, au lieu de l'entretenir. 

67. Les réflecteurs métalliques seront passés tous les deux mois Entretien des ré- 

, ,. ., , , ., ,., v, flecleursmétalliques. 

au rouge a polir, et cette matière sera préparée comme il a ete dit 
plus haut. 

68. Ils seront essuyés tous les matins avec un linge doux, puis 
ils seront vigoureusement frottés avec la peau de chamois qui aura 
servi à enlever le rouge à polir. Cette peau sera conservée avec soin, 
à l'abri de la poussière et de l'humidité. 



— 34 — 
CHAPITRE IV. 

ENTRETIEN DES GLACES ET DU MASTICAGE DE LA LANTERNE. 

Nettoiement jour- 69. Les glaces de la lanterne devront être constamment entrete- 

kl'antemc 8la ° eS de nues dans un état de P arfaite propreté. 

A cet effet, elles seront essuyées intérieurement tous les jours avec 
un linge exempt de taches d'huile, et seront essuyées de même ù 
l'extérieur, s'il est nécessaire. 

Les taches qui resteraient sur les glaces, après ce nettoiement, 
seront enlevées au moyen d'un peu d'eau ou avec de l'esprit-de-vin. 

Entretien du poli 70. Indépendamment de ces nettoiements journaliers, les glaces 

des glaces de la ian- * J 

teme. de la lanterne seront passées de temps à autre au blanc d'Espagne, 

et tous les ans, au rouge à polir, tant intérieurement qu'extérieure- 
ment, en prenant d'ailleurs les précautions ci-dessus indiquées pour 
le nettoiement des lentilles. 



Entretien du mas- 
ticage. 



7 1 . Le masticage des encadrements des glaces et de tous les joints 
de la lanterne, par lesquels l'eau des pluies pourrait pénétrer, devra 
être entretenu avec le plus grand soin. 

Le mastic à employer sera formé de deux parties de blanc d'Es- 
pagne et d'une partie de blanc de céruse, le tout pulvérisé et réduit 
en pâte un peu ferme, bien corroyée avec parties égales d'huile de 
lin et d'huile cuite. 



Renouvellement 
des glaces cassées. 



Taille des glaces. 



72. Comme les gardiens des phares peuvent se trouver dans le 
cas d'avoir à remplacer eux-mêmes les glaces cassées, il n'est pas inu- 
tile d'entrer ici dans quelques détails à ce sujet. 

Les glaces se taillent au moyen d'un diamant qui ne diffère de 
celui des vitriers que par un peu plus de force. 

Pour détacher le morceau après avoir passé le diamant, on frappe 



— 35 — 

à petits coups le revers de la glace avec le bout du manche de l'ou- 
til, en suivant la trace de l'entaille, et en commençant par une extré- 
mité. On développe ainsi la fente, et un léger effort de bascule suffit 
ordinairement pour détacher la bande à enlever. 

Si la section présente quelques inégalités, on les fait disparaître 
au moyen de la pince à gruger le verre, sorte de pince à longue mâ- 
choire arrondie. 

La glace ainsi taillée, suivant les dimensions requises, doit être Rodage des glaces, 
rodée en coupe oblique sur ses deux côtés, et rodée d'équerre sur 
ses joints horizontaux. 

Ce travail s'exécute en frottant le bord de la glace sur une plaque 
de fonte couverte de sable siliceux, qu'on arrose d'eau et qu'on renou- 
velle de temps en temps. 

Il est très-essentiel, en mettant les glaces en place, de ménager Pose des glaces. 
sur leur pourtour environ 2 millimètres de jeu. Si elles portaient 
contre leurs encadrements, elles seraient très-exposées à éclater dans 
les tempêtes par l'effet des oscillations de la lanterne, et, si d'ail- 
leurs on laissait moins de 2 millimètres d'intervalle entre les glaces 
superposées, le mastic ne garantirait qu'imparfaitement des joints 
aussi minces. 

Les glaces se posent sur de petites cales en plomb. 

Lorsqu'il s'agit d'une réparation à faire dans un encadrement dont 
le vitrage se divise en plusieurs pièces superposées, il faut, pour 
remplacer un glace inférieure ou intermédiaire, enlever toutes les 
glaces supérieures appartenant à ce même encadrement. 

Pour garnir le joint de deux glaces, on recouvre d'une couche de 
mastic de 5 à 6 millimètres d'épaisseur le bord inférieur, on y place 
deux petites cales en plomb pliées en chevalets, puis on pose la 
glace supérieure, qui, par son poids, fait refluer le mastic excédant 
l'épaisseur des cales. Ces cales sont ensuite recoupées à fleur du pan- 
neau. 



— 36 — 

Le masticage du contour des encadremenls doit affleurer le bord 
des tringles. 

En replaçant les tringles extérieures, on mettra un peu de mastic 
sous la tête de chacune des vis qui servent à les maintenir. 

CHAPITRE V. 

USTENSILES, OUTILS ET OBJETS DIVERS RELATIFS AU SERVICE 
DE L'ÉCLAIRAGE. 



Ferblanterie. 

Pompe à soutirer "^ On emploie cette pompe pour transvaser l'huile des barriques 
""" ,e - dans les jarres, et des jarres dans les seaux. 

Filtre à huile. 74. L'huile des lampes employées à l'éclairage des phares doit 

toujours avoir été filtrée la veille par les gardiens. 

L'appareil destiné' à cet usage est formé de deux parties : 

La partie supérieure est le filtre proprement dit; la seconde est un 
réservoir destiné à recevoir l'huile filtrée, et muni d'un robinet. 

Le filtre consiste en une plaque de fer-blanc percée de trous, sur 
laquelle on place un morceau de drap et une couche de sable lin de 
deux à trois centimètres d'épaisseur. 

II faut placer cet appareil sur un pied ou petite table en bois, d'une 
hauteur telle qu'un seau à huile puisse passer sous le robinet. 

Seaux en cuivre. 75. Les seaux en cuivre sont exclusivement destinés au transport 

de l'huile dans l'intérieur du phare. 



Lanterne d'alto- 76. La lanterne d'allumeur renferme, outre une lampe fixe, deux 
petites lampes à main, appelées lucernes, dont on se sert pour l'al- 
lumage des phares. 

Au milieu de la lucerne est un bouton à vis en cuivre, qu'on re- 



— 37 — 

tire pour introduire l'huile et la mèche. Près de l'anneau qui sert 
d'anse est un tube à air, sur lequel on pose le pouce, afin d'empêcher 
l'huile de dégorger lorsqu'on la penche en avant pour allumer les 
mèches de la lampe, 



77. Le chauflbir des lampes mécaniques consiste en une petite 
lampe renfermée dans une boîte oblongue à deux tubulures. 

Sur l'un des côtés de cette boîte est pratiquée, pour le passage de 
la lampe, une ouverture qui se ferme hermétiquement au moyen 
d'une rondelle à vis. 



Cliauffoir 



78. Le panier de service a la forme d'une boîte à anse avec cou- ' Panier de service 
vercle en deux parties. 

Il est divisé en trois compartiments. 

L'un reçoit une boîte plate, où l'on dépose momentanément les 
chiffons gras et les rognures de mèches; sous cette boîte se placent 
des chiffons propres pour essuyer les cheminées de cristal. 

Le deuxième doit renfermer les objets suivants : 

i° Un grattoir triangulaire pour enlever l'huile cuite attachée aux 
bords du bec; 

2° Un goupillon en crin pour nettoyer les courants d'air du bec de 
la lampe de service; 

3° Une paire de ciseaux courbes pour moucher les mèches de cette 
lampe. 

Enfin, le troisième compartiment est destiné à recevoir : 

i° Une paire de ciseaux droits pour couper de longueur les mèches 
neuves dont on doit garnir le bec; 

2° Un calibre qui détermine cette longueur; 

3° Les mandrins destinés à la pose des mèches. Ils sont de forme 
conique, excepté une petite partie à leur base, qui est cylindrique et 
un peu en retraite pour recevoir le porte-mèche. 

79. L'égouttoir est un vase de forme carrée, plat et à double fond. Égoutiou. 






— 38 — 

Le fond supérieur est mobile et percé de trous; l'autre porte un petit 
tuyau pour l'écoulement du liquide. 

On l'emploie pour égoutter le bec lorsqu'il vient d'être retiré de 
la lampe de service, les burettes, la mesure à buile, etc. 

Mesure 80. La mesure de a5o grammes sert à déterminer la quantité 

d'huile qui est déversée par le bec, suivant les indications données à 
l'article 20, page 10, afin de régler le débit conformément aux pres- 
criptions de l'article 12, page 7. 

Burettes à imiie. 81. Ces burettes, de la contenance d'environ un kilogramme 

d'huile, servent à alimenter les petites lampes et les lanternes. 

Boîte à rouge. 82. Le rouge à polir doit être soigneusement conservé à l'abri 

de la poussière. Il est, à cet effet, enfermé dans une double boîte. 
Par-dessus la plus petite se place la peau de chamois destinée à 
frotter les pièces enduites de rouge à polir. 

83. Le gardien de quart doit toujours s'assurer que cette lanterne 
est déposée dans la chambre de service et prête à être allumée. C'est 
elle qu'il faudrait suspendre dans l'intérieur de l'appareil, s'il deve- 
nait nécessaire d'éteindre la lampe de service, soit pour la changer, 
soit pour moucher. 

Lampes à pompe. 84. Ces lampes sont destinées à l'usage particulier des gardiens. 



Lanterne ordinaire 
i lampe. 



Instruments et outils. 

Jauges à huile. 85. Deux jauges, divisées en centimètres et millimètres, sur 

o m 3o de longueur, servent à mesurer la hauteur d'huile contenue 
dans le réservoir de la lampe de service et, par suite, à déterminer 
le poids de cette huile au moyen du tableau de jaugeage de la 
lampe. 



Vcrrins. 



86. Les verrins, au nombre de trois, en fer ou en bronze, sont 



— 39 — 



spécialement destinés à soulever au besoin l'armature mobile des 
phares à feu changeant. 

Chaque verrin est formé par une tige ou boulon, dont les extré- 
mités, fdetées en sens inverse, se vissent dans deux petites plaques 
mobiles. La tige est renflée en son milieu et percée de trous dans 
lesquels on passe une broche pour la manœuvrer. 

87. Tous les phares sont munis d'un petit niveau à bulle d'air, qui 
est destiné à vérifier le niveau de la couronne du bec de la lampe 
de service. Un autre niveau, plus grand, est déposé dans les phares â 
feu changeant, pour vérifier l'horizontalité de la surface sur laquelle 
roule le chariot à galets et celle de la roue de communication de 
mouvement de la machine de rotation. 



Niveaux à bulle 
d'air. 



88. Le moule à façonner les valvules consiste en deux morceaux 
de fonte formant une espèce de matrice, au moyen de laquelle on 
donne aux valvules des pompes alimentaires la forme la plus con- 
venable au jeu de ces pompes. 

89. C'est un instrument en acier, disposé pour fabriquer les cla- 
pets en cuir que l'on emploie dans les corps de pompes des lampes 
mécaniques. 

90. Une paire de ciseaux droits et deux paires de ciseaux courbes 
font partie de l'approvisionnement de chaque phare. (Voir, pour leur 
destination, l'article 78, page 37.) 

91. Ils sont destinés au nettoyage des becs de lampes, ainsi qu'il 
a été dit plus haut. 

92. Cette pince peut être nécessaire, lorsqu'il s'agit de remplacer 
une des glacés de la lanterne. Pour réduire d'une petite quantité les 
dimensions d'une glace, on place la pince de manière que ses becs 
puissent saisir le bord de cette glace, tout en faisant avec lui un angle 
très-aigu. 



Moule à valvule 



Emporte -pièce à 
clapets. 



Ciseaux droits et 
ciseaux courbes. 



Grattoirs triangu- 
laires. 



Pince A gruger, ou 
pince de miroitier. 



Clef delà machine 
de rotation. 



Marteau, tenailles, 
clef anglaise, limes, 
étau ù main, pinces 
plates, tourne-vis et 
fers a souder. 



Clefs et tournevis 
qui ont servi à l'ins- 
tallation, vis, bou- 
lons et écrous de re- 
change. 



Balais de crin. 



Tète de loup. 



Plumeaux. 



Brosses de bou- 
langer. 



— 40 — 
En appuyant un peu sur les branches de la pince, et en tournant 
la main en dehors, on fait partir de petits éclats de verre. Cette opé- 
ration doit être conduite très-lentement, avec beaucoup de précau- 
tion, et en ayant soin de n'enlever qu'une très-petite quantité de 
matière à la fois. 

93. Cette clef est en acier poli et doit servir exclusivement au 
montage et au démontage de la machine de rotation. 

94. Tous ces outils sont indispensables, soit pour les montages 
et démontages des lampes mécaniques et de la machine de rotation, 
soit pour faire des goupilles au besoin, ainsi que de petites soudures 
à la coupole de la lanterne et aux ustensiles en fer-blanc, etc. etc. 

95. Les clefs et tourne-vis qui ont servi à l'installation de la lan- 
terne, de l'appareil d'éclairage, de la galerie de service et de son mar- 
chepied , des escaliers en fonte et de la balustrade de la plateforme, 
ainsi que les boulons, vis et écrous de rechange, restent déposés dans 
le phare et doivent être conservés avec soin W. 

Brosserie. 

96. Pour balayer les diverses pièces et les escaliers de l'intérieur 
du phare. 

97. Balai de crin arrondi, monté sur un long manche , pour ba- 
layer les plafonds et la cage de l'escalier de la tour. 

98. Les plumeaux en plumes de coq ne doivent servir qu'à épous- 
seter l'appareil d'éclairage et les glaces de la lanterne. 

Il faut toujours épousseter les pièces optiques de l'appareil avant 
de les essuyer. (Article 62, page 32.) 

99. Ces brosses, à manche et à longs crins, servent pour balayer 
la table de l'armature, la galerie de service et son marchepied. 

(l > D'autres outils, fournis pour les besoins de l'installation des lanternes et des appareils d'é- 
clairage, peuvent encore exister dans les phares et être portés sur leurs inventaires; mais ils ne 
sont pas indispensables et ne doivent pas Cire renouvelés. 



Brosses a argen- 
terie. 



Pinceaux. 



— 41 — 

100 . Ces brosses ont aussi des manches, mais sont plus petites et à 
crins plus courts que les précédentes. Elles servent au nettoiement des 
lampes et ustensiles, pour enlever le blanc d'Espagne ou le tripoli, 
dont il serait difficile , sans leur secours, de débarrasser les cavités et 
quelques angles rentrants. 

10 1 . Us sont destinés à la peinture des fers de la lanterne et de 
l'appareil d'éclairage , et l'un d'eux doit être réservé pour étendre le- 
rouge sur les surfaces des pièces optiques et des glaces de la lan- 
terne. 

102. Les goupillons sont en crin monté sur une tige en fil de fer. Goupillons. 
(Voir, pour leur usage, l'article 78, page 37.) 

Objets divers. 

103. Une peau de veau pour faire des valvules et des clapets. Peaux de veau. 

104. Deux peaux de chamois , dont l'unique usage est de servir à Peaux de chamois. 
frotter les pièces enduites de rouge à polir et les réflecteurs. 

105. Cette huile est exclusivement destinée à graisser les méca- Huile d'horloger, 
nismes des lampes et de la machine de rotation, et à délayer le tri- 
poli à employer au nettoiement des pièces en acier de ces méca- 
nismes. 



106. On se sert de l'esprit-de-vin : 

i° Pour laver les pièces optiques de l'appareil, et enlever les corps Esprit-de-via. 
gras et les taches qui résisteraient à un simple frottement, tant sur ces 
pièces que sur les glaces de la lanterne ; 

2 Pour délayer le tripoli à employer au nettoiement des ustensiles 
et pièces en cuivre des mécanismes des lampes et de la machine de 
rotation. 

107. Le rouge à polir est spécialement employé dans l'opération Rouge $ poli*. 
prescrite une fois au moins chaque année, et qui a pour objet d'entre- 



— 42 — 

tenir le poli des pièces en verre de l'appareil et des glaces de la lan- 
terne. 

(A cet effet, il doit être préparé avec le plus grand soin, de la ma- 
nière indiquée article 65 , page 32.) 

Blanc d'Espagne. 108. Le blanc d'Espagne, préparé de la même manière et avec le 

même soin que le rouge à polir, sert au nettoyage des glaces de la 
lanterne et du vitrage des fenêtres de l'édifice. 

Délayé dans l'huile, on l'emploie au nettoiement des ustensiles en 
fer-blanc. 

Il entre aussi dans la composition du mastic du vitrage de la lan- 
terne. 

Tripoli. 109. Le tripoli est employé de la manière et pour les nettoiements 

indiqués aux articles io5 et 106. 

Huilede lia, huile 110. Les approvisionnements ordinaires de ces substances sont 
ruMcn'pierre. ° C ' destinés, en y ajoutant du blanc d'Espagne, à la composition du mas- 
tic nécessaire à l'entretien du masticage de la lanterne (article 71, 
page 34)- 

Proposé à l'approbation de Son Exe. M. Je Ministre de l'Agriculture, du Commerce 
et des Travaux publics , par l'Inspecteur général des ponts et ebaussées , Directeur du 
service des phares et balises. 

Paris, le 3 mai 1860. 

Signé : L. REYNAUD, 



Vil ET APPROUVÉ : 
Paris, le 10 mai 1860. 
Le Ministre de l'Agriculture, du Commerce 
et des Travaux publics , 
Pour le Ministre et par autorisation: 
Le Conseiller d'Etat 
Directeur général des ponts et chaussées et des chemins de fer, 
Signé E. de FRANQUEVILLE. 



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